Thème 9. L’État a-t-il des marges de manœuvre en termes de politiques économiques ?

Chapitre 21. Les contraintes pesant sur les politiques économiques dans la zone euro (ou Union économique et monétaire - UEM)

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Plan  du cours

*   I.  Quelle coordination possible pour les politiques économiques en Europe ?

*   II. Quels financements pour la politique budgétaire ?


La zone euro (ou Union économique et monétaire - UEM) est l'ensemble géographique constitué par les 19 pays de l'Union européenne (28 pays) qui ont adopté l'euro comme monnaie nationale. Plusieurs critères sont nécessaires pour rejoindre la zone euro : il s'agit des critères de convergence du traité de Maastricht.

Les 19 États membres constituant la zone euro sont : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, Chypre, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie.

I. Quelle coordination possible pour les politiques économiques en Europe ?

A. Les difficultés d’une politique monétaire unique

La situation économique  des différents pays de la zone euro est variée : certains sont en croissance avec un faible chômage, d’autres en récession avec un fort chômage. La BCE (Banque centrale européenne), menant une politique pour l’ensemble de la zone, peut difficilement mettre en œuvre des mesures efficaces pour l’ensemble des pays : certains auraient besoin de taux d’intérêt très bas pour relancer l’activité et l’emploi, quand  d’autres auraient plutôt besoin de taux plus élevés pour éviter les tensions inflationnistes.  

B. La difficile coordination entre politique monétaire  et politique budgétaire

La politique monétaireest de la compétence de la BCE, indépendante des États, mais les politiques budgétaires restent du domaine des gouvernements nationaux. Ce partage des rôles en Europe entraîne une difficulté de coordination despolitiques économiques (le policy mix étant la somme des politiques budgétaires et de la politique monétaire).

Actuellement, la BCE mène unepolitique monétaire de relance grâce à des taux d’intérêt historiquement bas, mais les États mènent des politiques d’austérité afin de contrôler et réduire leurs déficits. Les effets de ces politiques risquent d’être contradictoires.

C. Vers une coordination renforcée

Pour résoudre cette difficulté, l’Union européenne a décidéde renforcer la coordination entre les politiques économiques des États. Cette meilleure coordination passe par des mesures contraignantes pour les États, qui abandonnent à l’Union une partie de leur autonomie.

Les mesures adoptées sont les suivantes :

*   la « règle d’or » : le déficit structurel du budget d’un État ne peut pas dépasser 0,5 % de son PIB sous peine de sanctions financières ;

*   renforcement du Pacte de stabilité et de croissance : en période de crise, le déficit budgétaire ne peut pas dépasser 3 % du PIB et l’endettement public 60 % du PIB. Les États enfreignant cette règle seront sanctionnés ;

*   l’agenda Europe 2020 : il s’agit d’un ensemble de réformes structurelles destinées à augmenter la compétitivité de l’Union ;

*   le Pacte de croissance : l’Union engage 120 milliards pour relancer la croissance.

II. Quels financements pour la politique budgétaire ?

A. Les risques du financement par l’impôt

Pour réduire leurs déficits budgétaires, les États peuvent augmenter les impôts et diminuer les dépenses publiques. Cette politique peut, du fait de la baisse du pouvoir d’achat des ménages, ne pas avoir les résultats escomptés : une baisse de la demande entraîne un ralentissement économique. Les recettes fiscales sont alors moins importantes que prévues et les dépenses sociales plus élevées. La réduction du déficit n’a donc pas lieu (la Grèce, l’Espagne et le Portugal connaissent cette situation).

B. Le financement par l’emprunt et ses inconvénients

Le déficit peut être financé par l’emprunt, mais cela n’est pas sans danger. L’État étant un emprunteur sûr, il risque d’absorber une grande partie de l’épargne disponible au détriment des entreprises privées, plus risquées ; celles-ci ont alors du mal à investir. C’est l’effet d’éviction.

En outre, un emprunt oblige à rembourser et à payer des intérêts. Si les intérêts que doit payer l’État sont supérieurs à la croissance du pays, il devient impossible de payer la dette, qui s’alourdit chaque année. C’est l’effet « boule de neige » ou « insoutenabilité de la dette ».  

 

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